Les Rencontres Sorato #1

Sorato, c'est avant tout une histoire de voyages et de rencontres. Partir à la découverte d'artisans et de créateurs du monde entier; promouvoir les savoir-faire et les traditions ancestrales...

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C'est pour cette raison que tous les dimanches, nous laissons une personnalité vous raconter la sienne !

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L’équipe Sorato part aujourd’hui à la rencontre de Makabu. Après avoir parcouru une longue route et pratiqué différents métiers, Charly l'artiste se lance dans la création de broderies en sacs de café. Il en commande quelques uns et à la place, on lui livre… Des sacs de riz ! Découvrez un artiste hors-norme, qui crée des œuvres uniques sur le principe de l'upcycling.

Qu’est-ce qui t’a donné l’idée de te lancer dans Makabu ?

Ce qui a déclenché Makabu ? Il y a eu plusieurs moments. J’ai d’abord eu l’envie de me lancer dans la fabrication de vêtements. L’une des choses les plus importantes qui m’a stimulé, c’était d’avoir conscience  qu’a partir du moment où tu as une idée en tête, il faut te donner les moyens de la réaliser. Au fond, c’est très bateau de se dire que tout est possible !

On peut aussi dire que je suis autodidacte. Pendant un moment, j’avais envie de faire des t-shirts. Un jour, à la fac, un ami m’a proposé que l’on se lance dans la fabrication de t-shirts. La fac, je n’y étais pas par passion. Donc je me suis dis, allons-y, on va se lancer dans l’aventure ! On a fait pas mal de choses ensembles. A un certain moment, on a décidé d’arrêter, j’avais besoin d’un break. Pourtant, par la suite, je suis revenu sur l’idée de créer des vêtements ! J’ai cette envie de créer qui a toujours été en moi.

Quel a été le déclic qui a donné naissance à Makabu ?

J’ai eu un moment pendant lequel j’ai voulu donné un sens à ma vie. Savoir ce que j’avais envie de faire ou ne pas faire, pour moi, ça fait partie de ces choses qui sont importantes. C’est comme ça que Makabu a commencé, car je prenais vraiment du plaisir à créer. Ce qui m’a motivé par la suite, et que je trouve motivant en général, c’est d’avoir une idée en tête et de la voir prendre forme. Réfléchir sur le pourquoi du comment, c’est bien, mais après, il faut foncer, agir !

D’où est venu l’idée du nom Makabu ?

D’origine Antillaise, j’ai voulu trouver un nom de marque qui me représentait. Lorsque j’allais en vacances en Martinique, je me rendais toujours sur la plage Macabou. J’ai juste changé l’orthographe du nom pour le donner à sa marque. Ainsi, Makabu, c’est en quelque sorte une part de mon identité.  

Comment travailles-tu au quotidien ? Quelle est ta routine de création ?

Une journée type avec moi : ça commence par trouver les matériaux. Je cherche des sacs de riz originaux et colorés. Pour cela, je fais une tournée. Plusieurs magasins me mettent des sacs de riz de côté.  Je me rends ensuite dans mon atelier de couture à Strasbourg St Denis. En fonction de mes trouvailles, je commence à découper les visuels intéressants issus des sacs de riz. Soit l’inspiration vient de suite, et je me lance, soit je découpe pleins de visuels, puis j’élabore mes compositions à tâtons. Lorsque je commence une composition, je fais d’abord des essais sur la planche, puis je cherche un tissu pour s’accorder avec la composition. Après, je place la composition sur le tissus, puis fixe le tout avec des aiguilles, pour maintenir les éléments ensemble. Finalement, je couds le tout.

As-tu une anecdote amusante à nous faire partager ?

Au début de Makabu, lorsque j’ai commencé à faire des vêtements en sac de riz, je ne savais pas me servir d’une machine à coudre ! J’avais la chance d’avoir une amie qui vivait à Paris à ce moment là, qui a commencé à coudre mes premières vestes. Au bout de la 2e veste, elle m’a regardé et elle m’a dit : « charly c’est très simple, une machine à coudre. Allez, tu vas t’y mettre, je te montre ». Ce qui est drôle, c’est que ma mère faisait de la couture et ça ne m’a jamais intéressé.

Une date marquante dans l’histoire de Makabu ?

Je donnerais la date de mon premier salon. La chose qui a été assez cool, c’est le moment où, après avoir montré mon travail, on m’a dit OK pour le salon. C’était cool d’avoir une certaine reconnaissance de mon travail.

Quelle est l’histoire de ces quatre tableaux ?

Par rapport à ces tableaux, ce qui a été délire, c’est que j’ai pu avoir deux sacs similaires avec des visages. Je me suis retrouvé avec 4 visages pour créer. Ce qui m’a motivé, c’est que j’ai pu partir sur des compositions complètements  différentes. En fonction de ce visage et de mon inspiration, je suis parti sur différents thèmes. J’ai décidé de créer un quadriptyque. Pour le thème principal, ce que j’adore, c’est la femme.

Charly Makabu jouit aujourd’hui d’une importante reconnaissance pour son travail. Ses pièces uniques sont toujours accompagnées d’un slogan sur l’éco responsabilité. Il collabore avec de nombreux créateurs, toujours dans une démarche artisanale et équitable.

En savoir plus : http://www.makabu.fr/

L'équipe Sorato