Le Kilim

Un tissage ancestral vers une création contemporaine

             Le mot Kilim désigne un tapis de laine à point plat. Le berceau de cet artisanat est la Mésopotamie, et c’est par le biais du nomadisme pastoral qu’il s’est étendu au-delà du Proche orient et des Balkans vers les oasis de l’Asie centrale. Millénaire, le Kilim serait une des manifestations artisanales les plus anciennes de l’humanité. 

À l’origine cette méthode de tissage issue de techniques variées s’appliquait à plusieurs types d’objets de la vie courante des nomades : ce type de tissage permet au Kilim d'être bien plus léger que les tapis noués. Au sol, le rendu est tout en finesse, au mur il s'expose aisément.  Il protégeait du froid ou de la chaleur, recouvrait les sols, les lits, les sièges, servait de sacs, de besaces. Au fil du temps de nouveaux matériaux font leur apparition, les techniques de tissages se complexifient, passant d’un tissage unicolore à un tissage multicolore.

On explore de nouvelles formes de représentations, de nouveaux symboles, développant un langage esthétique propre, une singularité tribale. Chaque tribu se différencie l’une de l’autre en créant des motifs et des symboles simples à variations multiples, figurant leur propre appartenance et préservant leur identité culturelle et familiale, de génération en génération. 



Chaque Kilim naît de l'inspiration et de la créativité d'une femme. Par les formes et les
couleurs choisies, les rythmes des franges, elle dévoile les reflets de ses espérances, de ses émois amoureux. Elle anime son Kilim de motifs liés à la fécondité, adressés à de
nombreuses divinités, qu’elle révèle au devant de son habitat comme un message subliminal, une incantation, une invocation magique. Offert aux jeunes filles en cadeau de mariage et en guise de dote, le Kilim promet une vie emplie de bonheur. Cette confection traditionnelle emprunte d’histoires singulières fait de chaque Kilim une pièce unique.

Toute la force de ces symboles font d’un Kilim un vecteur de sentiments, d’émotions, de
poésie. L’Oiseau dont la présence est suggérée par ses empreintes, ou ses ailes, est le symbole de l’élévation, de l’âme libérée. Il évoque des préoccupations mystiques liées au cycle de la vie : l’esprit des êtres à venir, l’espoir d’une vie dans l’Au-delà, le lien avec les ancêtres qui veillent sur les vivants et le désir de procréer.Représenté par la forme épurée d’une série de griffes successives, le Dragon a un caractère ambivalent, à la fois monstrueux et protecteur, évocation d’une pluie fertilisante ou de l’orage dévastateur. Il est aussi le gardien de nos âmes. C’est cet aspect que nous retrouvons bien souvent sur les Kilims.

Dragon symbole Kilim

Le carré, le rectangle, l’octogone, le losange, sont des motifs récurrents. Fondamental, le losange symbolise la fécondité féminine. De nos jours, les tisserandes turques interprètent le losange comme le symbole du sexe féminin. Il est appelé, dans certaine région, dukak qui veut dire lèvres.

Aujourd’hui, ses couleurs, à l’origine criardes, se sont estompées avec le temps, la lumière. Les bleus sont devenus gris, le rouge terre cuite, le vert tilleul. Son aspect suranné, imprégné de mémoire alimente les fantasmes. Sa beauté picturale, sa charge poétique et magique, fascinent, et font du Kilim une réelle source d’inspiration et de création... 

Plus qu'un coup de coeur, une histoire, un sens et des valeurs: la collection Paris-Marrakech de Sorato était née.